Il traversa le plateau aride et commença à redescendre de l’autre côté en remontant la rivière avec délice, il se sentait bien, il reconnaissait tout. ffice
ffice" />
Même par les plus grandes sécheresses quand elle ne coulait plus que par un fil qui se perdait dans les galets brûlants, jamais elle ne l’avait laissé.
La végétation des berges, ces longs rameaux flexibles des gentianes poussaient drus, la rivière s’étalait, s’attardait, laissant à nu les cailloux.
Pourtant les crues pouvaient être violentes et alors elle emportait tout sur son passage.
Lasse, elle ronchonnait contre le soleil aujourd’hui.
Le courant n’était pas assez fort et elle se séparait en une multitude de petits bras d’eau stagnante.
Elle faisait peine à voir, offerte au soleil couchant, silencieuse, lourde presque morte, jusqu’à ce que la danse de quelques vairons, paillettes d’argent ne la fît briller de mille éclats.
Le remous entre les galets, le tourbillon sous l’arche, fredonnait sans une fausse note dans la sourdine inchangée des tentures de lierre, la brise du soir s’annonçait harmonieusement dans les frissons de ses rives, elle le suivait doucemenette.
Puis, il remonta perpendiculairement le cours, ébloui par les rayons rosés.
Devant lui au bout du champ se dressait le mazet.
Une vieille s’affairait dans le jardin, quand elle l’aperçut, elle se redressa soudain, souleva le coin de son tablier pour s’essuyer les mains
« - ho ! droulet c’est toi ? t’es de retour ?
oui , mamée »
Elle l’enveloppa de ses bras dans le triple baiser de la montagne cévenole.